Pendant mes ateliers de yoga du rire, il y a une phrase que j’entends presque à chaque fois.
« Je ne sais pas rire comme ça. »
À chaque fois, je souris.
Parce que je sais déjà que, quelques minutes plus tard, cette même personne sera en train de rire avec le groupe.
Alors je ne crois pas que les adultes oublient comment rire.
Je crois qu’ils oublient qu’ils en ont le droit.
Et, au fond, je crois que cette phrase ne parle pas seulement du rire.
Elle parle de quelque chose de beaucoup plus profond : oser être soi.
Pourquoi est-il si difficile d’oser être soi ?
Si vous tapez « oser être soi » sur Internet, vous trouverez des centaines de conseils.
Soyez authentique.
Ayez confiance en vous.
Affirmez-vous.
Lâchez prise.
Ces conseils sont souvent justes… mais ils oublient une chose essentielle.
Personne ne se réveille un matin en décidant : « À partir d’aujourd’hui, je vais cacher qui je suis vraiment. »
Cela se construit progressivement.
Une remarque blessante.
Un rire dans une cour d’école.
Une critique.
Une humiliation.
Une déception.
Puis une autre.
Alors, sans même nous en rendre compte, nous commençons à nous adapter.
Nous parlons un peu moins.
Nous cachons certaines émotions.
Nous retenons nos élans.
Nous cherchons à être acceptés.
À force de vouloir être aimés, nous finissons parfois par nous éloigner de nous-mêmes.
La peur du regard des autres nous enferme
L’un des plus grands obstacles pour oser être soi est la peur du regard des autres.
Nous avons peur d’être jugés.
Peur d’être ridicules.
Peur de ne pas être à la hauteur.
Peur de décevoir.
Alors nous devenons prudents.
Nous réfléchissons avant chaque parole.
Nous analysons chaque geste.
Nous essayons d’être irréprochables.
Le problème, c’est que cette vigilance permanente est épuisante.
Elle nous éloigne de la spontanéité.
Et, souvent, de notre joie.
Nous ne cherchons plus à vivre, nous cherchons à bien faire
Beaucoup d’adultes vivent avec une liste infinie de responsabilités.
Le travail.
Les enfants.
La maison.
Les factures.
Les rendez-vous.
Les obligations.
Jour après jour, nous faisons ce qu’il faut.
Nous assurons.
Nous avançons.
Mais à quel moment prenons-nous encore le temps de faire quelque chose simplement parce que cela nous fait du bien ?
À quel moment avons-nous cessé de jouer ?
À quel moment avons-nous remplacé la spontanéité par le contrôle ?
Le yoga du rire n’apprend pas à rire
C’est une idée reçue.
On pense souvent que le yoga du rire consiste à apprendre à rire.
En réalité, personne n’a besoin d’apprendre.
Nous savons tous rire.
Ce que le yoga du rire nous permet de retrouver, c’est l’autorisation.
L’autorisation de respirer.
L’autorisation de jouer.
L’autorisation d’être imparfait.
L’autorisation de ne plus chercher à tout contrôler.
Au début d’un atelier, certaines personnes observent beaucoup.
Elles hésitent.
Elles se demandent ce que les autres vont penser.
Puis, peu à peu, quelque chose change.
Les épaules se détendent.
Les regards deviennent plus doux.
Les sourires apparaissent.
Et le rire finit par venir naturellement.
Pas parce qu’il était absent.
Parce qu’il était simplement retenu.
Oser être soi commence par de petites permissions
On imagine souvent qu’il faut tout changer pour devenir soi-même.
Changer de travail.
Changer de vie.
Changer de personnalité.
Je ne le crois pas.
Je pense que cela commence par de toutes petites permissions.
La permission de dire ce que l’on pense.
La permission de demander de l’aide.
La permission de dire non.
La permission de rire.
La permission de pleurer.
La permission de ne pas être parfait.
Chaque petite permission nous rapproche un peu plus de nous-mêmes.
Être authentique ne signifie pas être parfait
Certaines personnes pensent que devenir authentique consiste à ne plus avoir peur.
C’est faux.
Le courage n’est pas l’absence de peur.
Le courage, c’est avancer malgré elle.
Être authentique, c’est parfois avoir le cœur qui bat très fort avant de prendre la parole.
C’est publier une vidéo même lorsque l’on doute.
C’est exprimer une émotion alors que l’on préférerait la cacher.
C’est accepter que tout le monde ne nous comprenne pas.
Et continuer malgré tout.
Pourquoi le rire est un formidable outil de lâcher-prise
Le rire possède quelque chose d’unique.
Pendant quelques secondes, il interrompt le flot de nos pensées.
Il détend le corps.
Il nous ramène dans l’instant présent.
Il nous reconnecte aux autres.
Il nous rappelle que nous sommes vivants.
Ce n’est pas un hasard si tant de participants repartent en disant :
« Je me sens plus léger. »
Ce n’est pas seulement parce qu’ils ont ri.
C’est parce qu’ils ont cessé, pendant un instant, de porter le poids de l’image qu’ils voulaient donner.
Retrouver la joie n’est pas un luxe
Nous avons parfois l’impression que prendre soin de nous est égoïste.
Que nous le ferons plus tard.
Quand nous aurons le temps.
Quand les enfants seront grands.
Quand le travail sera plus calme.
Quand tout ira mieux.
Mais ce « plus tard » n’arrive presque jamais.
Prendre soin de sa joie n’est pas un caprice.
C’est une nécessité.
Une personne qui se sent vivante rayonne davantage autour d’elle.
Elle est plus présente.
Plus disponible.
Plus créative.
Plus apaisée.
Et si vous vous autorisiez enfin à être vous-même ?
Lorsque je regarde une photo prise pendant un atelier de yoga du rire, je ne vois pas seulement des personnes qui rient.
Je vois des personnes qui, pendant quelques instants, ont arrêté de jouer un rôle.
Des personnes qui ont osé être imparfaites.
Des personnes qui se sont senties suffisamment en sécurité pour laisser tomber le masque.
Et je me demande toujours une chose.
Si elles sont capables de le faire ici…
Pourquoi ne pourraient-elles pas le faire davantage dans leur vie quotidienne ?
Peut-être que le plus grand changement ne consiste pas à devenir quelqu’un d’autre.
Peut-être consiste-t-il simplement à revenir vers celui ou celle que nous étions avant d’avoir peur d’être jugés.
Parce qu’au fond, je ne crois pas que les adultes oublient comment rire.
Je crois qu’ils oublient qu’ils ont encore le droit d’être pleinement eux-mêmes.
Et vous ?
Qu’est-ce qui vous empêche aujourd’hui d’oser être pleinement vous-même ?
Prenez quelques minutes pour y réfléchir.
Votre réponse pourrait bien être le premier pas vers une vie plus libre, plus authentique… et plus joyeuse.

